À la découverte des « Drôles de bois »

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2–3 minutes
Parcelles forestières familiale en Auvergne

Aujourd’hui, 21 mars, c’est la journée mondiale des forêts, l’occasion en ce début de printemps de s’enforester1, les sens en éveil, à l’affût d’indices, de traces, à l’écoute de drôles de bruits. Je vous propose donc au fil des publications « d’entrer en forêt ». Débutons cette série par une série de regards (historique, juridique, forestier, naturaliste, tourneur sur bois, etc.) sur les parcelles forestières familiales, situées dans le département de la Haute-Loire, les drôles de bois.

Un paysage en mouvement

Prédominance de l’agriculture à l’époque moderne

Carte de Cassini de la zone d'implantation de la parcelle forestière

IGN. Carte de Cassini (XVIIIème siècle)

Au XVIIIème siècle, la forêt n’existait pas à cet endroit. Les champs prédominaient. L’agriculture pratiquée alors comprenait l’élevage de bovins, porcs, et ovins et des cultures pour pouvoir nourrir le bétail (système de polyculture élevage).


Les années 50, la forêt arrive

En 1954, les chênes et pins sylvestres sont présents sur le haut la parcelle. La forêt s’est installée.
La lande est présente sur la partie basse avec la présence d’arbustes (genêts) principalement et quelques semis d’arbres. Le pâturage des ovins limite alors l’installation de la forêt. La partie forestière est peu exploitée : les arbres morts (pins) sont utilisés pour faire chauffer la nourriture des porcs. La parcelle est laissée en libre évolution2.

IGN photographie aérienne 1954


Photographie aérienne de la zone d'implantation de la parcelle en 1980

IGN. Photographie aérienne 1974

Les années 80, naissance d’une forêt

En 1980, la forêt est installée. Les pins sylvestres sont majoritaires. Quelques chênes pédonculés commencent à s’élever. Ils font de l’ombre aux jeunes semis de chênes. En lisière de champ, le sous bois est constitué de genêts, d’aubépine, de frêne, et de merisier.


Les années 2000, évolution de la forêt

Depuis 1980, la forêt évolue. La régénération privilégie les chênes. Les jeunes pins sylvestres sont de moins en moins nombreux. Le couvert dominant (arbres dont le houppier a accès à la lumière) est constitué de chênes principalement. Il reste quelques vieux pins sylvestres, notamment sur le haut des parcelles. Quelques essences secondaires sont présentes : châtaignier, merisier, frêne, tremble…

Photographie aérienne de la zone d'implantation de la parcelle forestière en 2016

IGN photographie aérienne 1999


Et aujourd’hui…

En 2020, un premier état des lieux a permis de mettre à jour une coupe de pins sylvestres. Cette coupe de pins à usage essentiellement économique a mis en lumière de manière assez brutale les semis et le sous-bois présents. Désappointée par la découverte de cette coupe, je suis partie à la recherche d’outils réglementaires pour éviter de nouvelles coupes identiques. En effet, je souhaite mettre en place un système de gestion forestière basée sur les principes de la sylviculture mélangée à couvert continue (SMCC).


  1. Expression empruntée à Baptiste Morizot. ↩︎
  2. Une parcelle forestière en « libre évolution » : pas d’intervention sylvicole humaine. Les arbres évoluent seuls, les arbres morts sont laissés sur pied ou sur place. ↩︎